dimanche, novembre 15

String

STRING


Pubis de dentelle comme en apesanteur
Une toile d’araignée tapissant une fleur

Une corolle tendre, un fragile bourgeon
Comme un baiser posé sur une corde à violon

Un triangle de soie comme unique interdit
Ultime avertissement aux publics avertis

Une chatte funambule sur un fil tendu
Désir en équilibre à peine retenu

Cartouche
le 20 mars 2007


Crédit de l'illustration :


mercredi, novembre 11

Patriote

Photo Cartouche
Août 2008

C'est trop facile quand les guerres sont finies
D'aller gueuler que c'était la dernière
Amis bourgeois vous me faites envie
Vous ne voyez donc point vos cimetières

Jacques Brel

Extrait de "Grand Jacques"

lundi, octobre 26

Amante douce

illustration avec l'aimable autorisation de Maud


Amante douce


Ombres caressantes
Mains affleurent de peau
Aventure des sens

Dentelles et soies
Ports ouverts à l’indécence
Flottés en vagues

Elle, Amante douce
Attirance vers d'autres voyages
S'abandonne à moi


le 13 mars 2006

mercredi, octobre 14

Fils de fée


avec l'aimable autorisation de Erlé Ferronnière




Fils de fée


Quand les mers intérieures
S’échappent de tes yeux.
Quand les rires aux éclats
Eclaboussent nos vies.
Quand la rage et le feu
Alimentent tes jeux.

Je t’aime

Quand tes bras en collier
S’accrochent à mon cou .
Quand un sommeil de pierre
T’assomme dans mes bras.
Quand tes mots pirouettes
Expriment tes angoisses.

Je t’aime

Dans tes saisons d’enfant
Dont j’ignore les noms.
Dans tes secondes de jours
Dans tes heures de nuit.

Je t’aime

Dans tes deux mains qui s’ouvrent
Dans tes dons sans questions
Dans tes dessins mystères
Dans tes baisers caresses.

Je t’aime

Tu es fils de fée
Et de ce souffle d’amour !
Je vis.

le 10 août 2005


vendredi, octobre 9

J'aime à venir marcher sur cette plage







J’aime à venir marcher sur cette plage


Aux heures du crépuscule quand les vagues sont d’or
Entre les lames de bronze, les lignes de ton corps
Prises entre jour et nuit dans la courte seconde
J’ai vu s’ouvrir les portes féeriques d’un monde


Tu te montres sirène, naïve et impudique
Me délivre un baiser dans cet échange unique
Je me grise du sel déposé sur mes lèvres
Et plonge dans ton onde, l’âme abîmée de fièvre


J’ai pu toucher des doigts le cristal des grands fonds
Connu l’apesanteur lente des descentes en passion
Boire l'air par ta bouche noyé dans tes cheveux
Exister par ta peau, vu l'amour par tes yeux


Je garde toujours en moi cette empreinte des sens
Du baiser qui rend vie et bouleverse l'innocence


Je suis venu encore marcher sur cette plage
Dans ce rêve insensé de revoir ton image




©artouche
Le 14 mars 2006




dimanche, octobre 4

Envoie moi d’autres poèmes


avec l'aimable autorisation d'Emilie Decrock




Envoie moi d’autres poèmes


Ne m’écris plus tes troubles, ni l’ivresse de moi.
Ne m’écris plus ces mots qui m’effeuillent et me livrent.
Ne me dis plus : « Je t’aime », expliques moi les « pourquoi ».
L’inutile qui nous lie, la présence qui fait vivre.

N’envoie plus de poème, ne chante plus mon nom.
Que les boucles des lettres ne peignent plus mon corps.
Ne plus être cette âme de ton inspiration.
Vivre dans ce silence pour t’aimer plus encore.

Je ne suis pas ces ambres, ni or, ni dentelle
Et je ne suis ni fée, ni muse, ni sirène.
Je suis la peau qui vibre quand tes mains m’interpellent.
Je suis rêve et envie, les essences aériennes.

J’habite tes baisers et je suis ton parfum.
Je suis souffle et génie, l’enthousiasme et l’esprit.
Je suis l’empreinte douce engravée en ton sein.
Je suis passion secrète qu’aucun verbe ne décrit.

Et si l’émoi te trouble écris-moi des quatrains.
Fais de tes mots des vers, de tes vers des refrains.
Esquisse nos désirs en fantasques dessins,
Écris-moi des « je t’aime » que je lirai sans fin.


28 août 2007

mardi, septembre 29

Le patio andalou





Pépites d’argent
Constellation dans le jour
En cadeau céleste

Bleus Saphirs précieux
Tes yeux s’éclairent de l’azur
Sertis des étoiles

Dômes ouvragés
Splendeurs magiques des Orients
Souffle sur les toits

Une main caresse
Le désir de tes seins d’or
Voyage brûlant

Bassin andalou
Jardin secret du patio
J’aime boire à ta source





©artouche
le 11 avril 2006

dessin extrait de Djinn - Ana Miralles

samedi, septembre 26

Larme

illustration avec l'aimable autorisation de Maud


Larme

Blessures des chairs, sourdes envies
Des langueurs exquises en nos trop-pleins de vie
Aux refrains des souvenirs, aux parfums d’une chanson
A portée de nos mains une longue désertion

Des courbes de nos yeux à l’iris sensible
La naissance liquide de nos âmes vaincibles
Sur la soie de nos cils un cristal accroché
Et sur la joue s’épanche l’humide humanité

La revoilà encore : douleur ou soulagement
Incolore délivrance, soupir des sentiments
Elle investie les failles et infiltre les cœurs
Elle est l’arme invisible qui habite nos pleurs

De rire, de colère, de tristesse ou de peur
De joie, de crocodile, de peine ou de douleur
A quoi bon retenir les ombres qui s’expriment,
Le naïf fardeau du héraut de l’intime



le 16 mars 2007

dimanche, septembre 20

Le courriel




Illustrations Diglee
Avec son aimable autorisation !
;-)





Le courriel


ELLE:

Elle s'avoue en émoi par une tendre missive :

Comme une artère fine, le battement du sang ...
Le désir se dessine sous ma soie palpitante,
Au giron de mon ventre dort l’astre incandescent,
La soif brûle mes heures au fer de l’attente.


LUI:

La torture délicieuse de la faim initiée ....

Aux commissures des lèvres, le sceau de tes baisers...
J'aspire aux doux délices des instants grappillés,
La douceur de tes mains, les parfums échangés,
L’attouchement de ton sein sur mes sens enflammés.

Tu me manques aussi !



le 29 janvier 2008




mardi, septembre 15

Chamailles à l’envers, Chamailles à l’endroit.



Chamailles à l'envers, Chamailles à l'endroit.



Aiguilles des horloges tricotent leurs bonheurs.

Sous les draps bienveillants d'un doux soleil d'hiver :

Caresses et baisers, les corps devenus chœur

Se chamaillent à l'endroit, se chamaillent à l'envers.



Exhume les parfums de ces nuits basilics,

Je reçois la lumière par les veines d'Emeraudes.

Nous modelons l'amour aux chiffres des musiques,

Egrainant à l'envi chaque seconde en fraude.



Nos mains se sont unies pour que se créent les songes.

Le vent doucement se perd pour éloigner l'aurore.

Les sabliers s'arrêtent dans un tendre mensonge

Pour recouvrir l'éveil de mille poudres d'or.




Cartouche

Le 1er février 2007

Illustration Juanjo guarnido


vendredi, septembre 11

Sur le sable de septembre

"Fantômes"Photo de Marie-Pierre Rousseaux avec son aimable autorisation


Sur le sable de septembre


Le silence glissait sur la grève en sommeil,
Les vagues se couvraient d'or sous le ciel de grenat.
Sur les rides de sable, serpentait le soleil
En allongeant mon ombre qui collait à mes pas.

Mes pieds marquaient en creux les frontières du rivage,
Les vents salés du large venaient lécher ma peau.
Des mouettes casquées riaient de leurs voyages
En brisant le miroir qui dansait sur les eaux.

Les côtes s’animaient de lucioles électriques,
Les dunes vibraient encore des chaleurs de l’été.
Au loin se découpaient les lignes anthracites
Des bateaux immobiles qui s’endormaient au quai.

Je me grise des lumières et de leurs teintes d’ambres
Qui annoncent l’automne, qui annoncent le froid.
Et je profite encore des douceurs de septembre
Et je presse l’allure pour rejoindre tes bras.

mercredi, septembre 9

Balade Irlandaise

Illustration de Jean-Baptiste Monge
avec l'aimable autorisation de l'auteur



Balade Irlandaise

Nous cueillons l’herbe creuse des ciboules sauvages,
Serrée entre les dents, nous en buvons la sève.
L’Irlande laisse flotter les brumes des nuages,
Pour n’exister enfin qu’aux frontières du rêve.

Elle enflamme pour nous les pierres sèches des landes,
Par les feux des lichens de soufre et de safran.
Ensorcelés des chants du peuple des légendes,
Nous étanchons nos soifs au cristal des torrents.

Le crin vibre la corde aux hanches du violon,
La mer creuse le ventre aux désirs du vent
Et cambre la souple verge d’infatigables joncs.
Nous livrons nos baisers aux fougues des amants.

La flûte jouera sa part des gigues endiablées,
Puis les balades tendres envelopperont nos nuits
Aux parfums des fuchsias, les corps s’endorment en paix.
Ton sein devenu mère porte déjà la vie.

le 10 avril 2006


un autre lien de JB Monge


jeudi, septembre 3

Les mois en Brrr …

Illustration Didier Cassegrain




Les mois en Brrr …


Août s’étire, timide, en de tièdes caresses
Les fenaisons s’enflamment de rouges éclatants
Dans le fond du jardin un potager paresse
Couvant dans son giron les potirons safran

Des pommes tendent leurs joues comme des demoiselles
Et rosissent de leurs amours aux baisers de l’été
Les lents chevrons des oies orientent le ciel
Vers les migrations de l’automne annoncé.

La peau bronzée des figues éclate sur sa chair
Les rosiers s’alourdissent de hochets rubiconds
Des dahlias colorés explosent dans les parterres
Comme des feux d’artifices pour clore la saison

Les disputes de merles en guise de flonflons
Pour des perles de mûres accrochées dans les airs
Sous les quelques lampions des fleurs de houblons
Animent les vielles haies en fêtes populaires

Le soleil se lève tard dans des aubes laiteuses
On prépare le frimas par le bois qu’on entasse.
Dans le confort d’un spleen, dans nos âmes rêveuses
Nostalgie partagée de la rentrée des classes.


27 aout 2008


lundi, août 31

La vie m’appelle ailleurs.

La vie m’appelle ailleurs.

Illustration "Copertina" avec
l'aimable autorisation de Barbara Mancini



La vie m’appelle ailleurs.


Le feu crépite encore dans les chaumes noircis
Le sifflement des faux s'est tu dans la nuit

Le foin sèche doucement en volutes épicées
Timidement fleuri d’orties et de bleuets

Les aubes n’ont pas d’ombre quand le levant s’étale
Dans les effleurements tendres des brumes matinales

Cette impression ouatée de n’être plus que spectre
Un vertige discret, ni esclave, ni maître

Plus rien ne vous agresse, le temps n’est plus pour vous
Comme au degré zéro d’un premier rendez-vous

Je reconnais ce souffle qui m’invite au meilleur
J’entends les sons lointains. La vie m’appelle ailleurs.

le 16 avril 2007


jeudi, août 27

Ecumes chaudes






Ecumes chaudes

Elle rêvait des embruns, de chevelures salées
Pieds nus sur les planches d'un de ces grands voiliers
Venait vider son cœur dans l'immortelle houle
Et apaiser ses fièvres dans les vagues qui roulent

Il avait pénétré des estuaires étroits
Aux subtils parfums, qui le marin, enchantent
Il a mouillé aussi en se montrant adroit
Dans sauvages méandres des criques les plus brûlantes

Par les écumes chaudes et les îles sucrées
Par les sources inconnues et par les mâts dressés
Par le grain dénudé et par les blonds rivages
Elle donna les trésors, il offrit les voyages


©artouche
le 20 mars 2006

Illustration Pierre Alary
Avec l'aimable autorisation de
Pierre ALARY
et des
Editions Soleil

mercredi, août 26

Sweety Sorcellery... Sortie Nationale



Aujourd'hui dans vos bacs la BD d'Ood Serriere


lundi, août 24

La souche et le rocher.

Illustrations avec l'aimable autorisation d'Ingrid Liman




La souche et le rocher.


Nous goûtions sous nos pieds les chemins de légendes
Des cercles de menhirs au bois de Brocéliande.
Nous avions mis nos pas sur les routes du Graal
Sur les pistes d’Arthur, Lancelot et Perceval.

La Lune et la Nature étaient alors complices
De Merlin et Viviane et leurs tendres délices.
Elle était fille de roi et il était sorcier.
Le monde de la magie n’aime pas être défié.

L’union était coupable et leur cause perdue
Lors d’un ébat nocturne, sentence fut rendue,
Les corps enlacés se virent alors scellés
En souche torturée sur une vague de grès.

Ils s’imposèrent à nous, serrés dans les épines,
Le tronc lisse de frêne qui étend ses racines,
Une pieuvre de bois, une serre végétale,
Une main souple et ferme sur un sein minéral.

Et nous tenions cois devant l’embrassement
Des lianes sur un rocher liées si tendrement.
Les étreintes coupables dans les siècles figés
Les baisers, les caresses se partagent à jamais.

Une source coule là où se baignent les geais.
Quelques renards encore viennent s’y abreuver.
Si vous passez par là vous entendrez le chant
Entonné par les fées qui veillent les amants.


le 27 juin 2008

jeudi, août 20

Tabous d'été

Illustration de Clot
avec son aimable autorisation




Tabous d’été


Lire tes décolletés aux heures caniculaires
Les bronzes, les cuivres les ors ou les ambres des peaux.
Et les morceaux de choix de tes pudeurs claires
Qui s’offrent à mes prunelles sous l’écran des maillots.

La chute des bretelles sur tes épaules tendres,
La courbure du globe qui s’accorde à dessein,
Tes yeux et tes sourires qui m’invitent à comprendre
Que la timide offrande est faite pour mes mains.

On cherche l’épiderme et on cherche les sources
Tu flattes le pinacle. Je cherche le soyeux,
Nos flancs s’unissent en ondes de frissonnantes courses
Tes lèvres dans mon cou, mon souffle dans tes cheveux

Le sel, le feu, l’écume que je cueille à ton ventre
La chaleur de l’été concentrée dans nos jeux.
Le plaisir et l’amour ont pris pour épicentre
Nos langues et nos mains et les puissants aveux.

Les reins, les croupes, les hanches s’accrochent à nos caresses
Les plissures secrètes, les sommets, les vallons
Les pics et les antres dont nos bouches se repaissent.
Nous confessons le comble, l’ivresse des abandons

Nous nourrissons l’amour, et cueillons les étoiles
Nous écoutons les chants écarlates du sang,
Troublons les directions, soulevons chaque voile
En mariant les sens et les parfums grisants.

le 09 juillet 2009

lundi, août 17

Rendez-vous au prochain orage

illustration avec l'aimable autorisation de Clot




Rendez-vous au prochain orage



Des dunes de pastel s’adoucissent au vent.
Hélios souffle le chaud ; Eole souffle l’effroi
Sur les ventres de sables les vagues des oyats,
Dans des marées d’émeraude ondulent en bouillonnant.

Des cumulus d’encre corrompent le mariage,
D’un horizon d’azur en noce avec la mer
Des sabots de tonnerre frappent le fer des nuages,
Sous des lanciers de foudre abrutis de colère.

Les rires quittent la grève. Les jeux quittent la plage.
Balayé le futile, aboli le frivole
L’étamine turquoise lacéré par l’orage,
Inonde les pavés d’ondoyantes rigoles.

Les ornières des sentes guident les lianes brillantes
Des eaux perdues des cieux vers des lits asséchés.
Les soifs de la terre accueillent les offrandes
Des courroux de l’Olympe en proie aux mille excès.

Dans les raies lumineuses les vapeurs d’asphalte
Valsent avec les parfums et courtisent nos sens.
Comme un corps de danseuse offert à l’indécence
Initie les vertiges de nos peaux exaltées.

Tu m’attends à l’abri. Tu m’attends je me presse
En savourant l’ivresse des odeurs et des sons.
La violence du feu ; la douceur des caresses,
Les perles chaudes de pluie qui glissent sur le front.

Tu m’attends
Je me presse.

le 23 juin 2008

dimanche, août 16

"La plume de l'année"


Lanterne Rouge a eu la gentillesse de séléctionner mes poèmes et mon blog pour
"la plume de l'année"...

Je suis super fier d'être sélectionné mais imaginez ma joie si j'étais
"LA plume de l'année".

A ceux donc qui veulent me soutenir on vote par ici :

http://lalanternerouge.ning.com/forum/topics/nominations-la-plume-de-lannee

vendredi, août 14

Les heures de cuivre

Photo cartouche 2005
Plage de Dunkerque



Les heures de cuivre

Soleil est pis que forge et vrombit en essaim.
Il claque feu et claque fer : la vague devient lame,
Le rivage devient mer et ondule ses grains.
Ciel et eau, eau et sable s’épousent dans le calme.

Le jour s’endort enfin sur la plage calmée
Les cris sont sourds et les sons lents, les rires tout petits.
Des bons hommes allumettes étalent leurs silhouettes brûlées
Sur les miroirs cuivres et les écumes platines d’humides incendies.

Juillet se couche tard dans les draps irisés
Des chaleurs douillettes, de vapeurs iodées
On dépense nos heures grappillées à la nuit
A se gorger des ors, à se gorger de vie !

5 juillet 2009

dimanche, août 2

Une brise de menthe

Illustration Dean Yeagle



Une brise de menthe


L’astre est haut, l’air limpide et si chaud ;
Tu es nue, tu es blanche ; nul soleil ne brûlera ta peau.
Rien ne bouge, le monde dort ;
Je te veille et me tords.

L’eau du bassin envoie ses reflets de cristal,
Une rose y voyage par ses bateaux pétales.
Tu es nue, chasseresse, flèches d’or au carquois ;
Une brise de menthe chahute les feuilles de mes doigts.

Je me dresse, te désire, me penche à ton épaule.
Ma sève devient miel quand par hasard je frôle
Le galbe de ton sein ou une hanche fine ;
Je sais te protéger, m’étire et puis m’incline.

Tu es ma tendre Amie, tu es mon seul repaire,
Fidèle et amoureuse tu m’offres en plein hiver
Ta vibrante beauté, la même nudité ;
Accepte sans dégoût mon spectre décharné.

Un insecte bourdonne emportant le pollen ;
La lumière d’été s’étire sur tes veines.
Canicule assassine voit mes caresses sombres
Déployées sur ton corps, te couvrant de mon ombre.

Tu es nue belle et blanche,
Tu es statue brûlante ;
Je suis écorce et branches
Une ramure tremblante.

Dans un square, une allée
Et une statue de marbre ;
Dans la brise de juillet
Le murmure d’un arbre.

« Je t’aime depuis longtemps…
Je t’aime depuis cent ans… »


le 16 mai 2005

mercredi, juillet 22

Fantasme


Illustration originale d'Esmeralda et
Maz à la colo avec mes remerciements




Fantasme


Elle est un souffle chaud, un sourire échappé,
L’effleurement d’une main, un baiser esquissé,
Une jambe que l’on voit, une jupe qui glisse ;
Caresse accidentelle sur le haut d’une cuisse.


Un galbe de peau nue dans l’échancrure soie,
Des mamelons dressés de désir ou de froid ;
Une bise appuyée à la sortie d’un bal,
Un souvenir précis qui hante et qui fait mal.


Une phrase échangée, un regard embué,
Un numéro noté, mais jamais composé.

J’avais douze ans, vingt ans peut-être plus,
La magie de l’instant, comme un appel discret.
Elle avait douze ans, vingt ans peut-être plus,
La bavure bénie d’un Cupidon distrait !

Elle est une mèche brune sur un regard émeraude,
Elle est un parfum, une voix, un fantôme qui rôde.
Je dors, elle revient ; je connais sa chaleur,
Je n’ai jamais touché, ni sa main, ni son cœur.


le 11 mai 2005


Sable nu

Photo Cartouche
Oye-Plage 2009

Il m'est égal de
lire que les sables des plages sont chauds, je veux que mes pieds nus le sentent.

André Gide
Extrait de Les Nourritures terrestres

samedi, juillet 18

Patamore et Matapon

Dans mes recherches et découvertes Web j'ai découvert ce dessin que je vous livre. Je n'ai pas plus de détail sur la date de sa réalisation, antérieure ? postérieure ?
Vous avouerez que la similitude du sujet est troublante ...

Dessin de J Scott Campbell dessinateur de comics

Pour découvrir son oeuvre :

Matamore et Patapon

.



Tendrement sans esbroufe.
Assoupie. Nue peut-être ?
Le silence et le souffle
Donne vie

Drôle de jeu
Tu défies
Appât de loup

Pas à pas, mot à mot
Matamore
Et patapon

Jeu de fou !
Jeu d’effet.
A pas de loup

Échancrures entrouvertes
J’ai fait des gorges chaudes

Aventures et découvertes
Sous mes baisers givrés
Rôde.

J’avance
Tu inventes une attente
En silence

Les bras en croix.
D’appât en proie
Croquée !

©artouche
le 24 janvier 2008

mardi, juillet 14

Fleur d'artifice

2008




La poésie éclaire comme un feu d'artifice,
elle ne veut pas chasser la nuit, mais, au contraire, en tirer
parti.



Jean-Paul Richter

Extrait de Etre là dans l'existence

samedi, juillet 11

Pierre cueillie

Pierre cueillie





J'ai cueilli dans la crue une pierre arrondie
Ramassé dans le flot une pierre polie
Sous le voile transparent d'une source, elle attendait
Toute enchâssée d'étoiles dans un écrin de grès

Dans le creux de ma main, dans ma paume apaisée
Je pris quelques secondes pour bien la soupeser
Combien de jeux d'enfants dut-elle accompagner ?
Combien de ronds dans l'eau, combien de ricochets ?

Descendre les torrents depuis des millénaires
Glisser dans le courant pour rejoindre la mer
Combien d'été aux rives, avant qu'on ne la renvoie ?
Par une main agile ou un orage sournois

Le grain doux de son dos, son âme silencieuse,
La caresse patinée des courses aventureuses
Sa réponse à mon pouce choisit sa destinée
Un compagnon intime capable de consoler

Un grand-père minéral, témoin de « l'avant moi »
Pierre unique, caillou rond, au contact de soie
Aux roulis de mes doigts, dans ma poche blottie
Un galet immortel qui réchauffe ma vie


Pour mon père "Pierre"
Le 26 avril 2006

Texte et Photo
Cartouche

mercredi, juillet 8

Fleurs d'artifice


Fleurs d’artifice.




Nuit d’été, belle et fraîche sous une lune triomphante
Les épaules se resserrent écrasées sous l’attente.
Les nez plantés au ciel les passants se rejoignent
Quand les lumières s’éteignent et que les frissons gagnent !

Et les regards convergent vers la brillante course
Quand la première fusée flirte avec la Grande-ourse.
La fleur ouvre ses cils de mascara d’argent,
Ses pétales fragiles et ses feux crépitants.

Les ombres s’étalent en bleu ou en rouge inquiétant.
L’air se charge de fureur et gronde dans le sang.
Et pète et vibre et claque en perles scintillantes
Et donne mille éclats aux pupilles brillantes.

Le firmament s’anime de roses et de glycines
En troncs tourbillonnants des palmiers de platines.
Un mariage de soufre dans le jardin du diable,
Composition d’un ange en cueillette improbable.

Un mélange de grâce dans un bouquet final
Les corolles incendiaires des fêtes nationales.
Les toits rendent les échos d’artificielles foudres.
Chaque cœur qui résonne dans les parfums de poudres.

Puis au tonnerre doré répond le clair cristal
Du silence étonné qui glisse et qui s’installe.
Les gerbes de lumières s’étirent doucement
En panaches d’étoiles qui se meurent simplement.

Cartouche
le 10 juillet 2006

Photo Cartouche
"Bord de route autrichienne"
2007

jeudi, juillet 2

Drapées cristallines


Les drapées cristallines







Des mines anthracite colorient les nuages.
Et le soleil livide ombre les paysages.
L’air est lourd et chaud, ni figue, ni raisin.
L’été se fige en nuit et août donne le grain.

Sous le ciel mouillé aux couleurs des lavis
La foule qui se presse vers une course aux abris.
L’averse fleurit les rues de corolles translucides
Emportant les souillures dans ses torrents rapides

L’orage gonfle l’espace et pourchasse la vie.
Le vent prend dans sa main les rares parapluies
Ecrasant sans pitié leurs nervures fragiles.
Les arbres pleurent déjà leurs ramures fébriles.

Sur une robe de plomb des zébrures électriques
Animent les façades de sourires diaboliques.
Les perles aquatiques s’abattent sur les carreaux
Et répondent au fracas du tonnerre, en écho.

Tu me happes la main et j’emporte ton pas
Nous sautons les obstacles et les trottoirs se noient.
Au détour d’une rue : une porte cochère
Nous offre, inattendu, un asile de pierre.

Dans les vapeurs opaques, parfumées de bitumes
Je goûte aux revirements qui me donnent fortune :
Enveloppés des drapées de la pluie cristalline
Me fais don d’un baiser d’indécence divine.


Cartouche
le 18 août 2006

Photo de Cartouche