Illustration Dean Yeagle
Une brise de menthe
L’astre est haut, l’air limpide et si chaud ;
Tu es nue, tu es blanche ; nul soleil ne brûlera ta peau.
Rien ne bouge, le monde dort ;
Je te veille et me tords.
L’eau du bassin envoie ses reflets de cristal,
Une rose y voyage par ses bateaux pétales.
Tu es nue, chasseresse, flèches d’or au carquois ;
Une brise de menthe chahute les feuilles de mes doigts.
Je me dresse, te désire, me penche à ton épaule.
Ma sève devient miel quand par hasard je frôle
Le galbe de ton sein ou une hanche fine ;
Je sais te protéger, m’étire et puis m’incline.
Tu es ma tendre Amie, tu es mon seul repaire,
Fidèle et amoureuse tu m’offres en plein hiver
Ta vibrante beauté, la même nudité ;
Accepte sans dégoût mon spectre décharné.
Un insecte bourdonne emportant le pollen ;
La lumière d’été s’étire sur tes veines.
Canicule assassine voit mes caresses sombres
Déployées sur ton corps, te couvrant de mon ombre.
Tu es nue belle et blanche,
Tu es statue brûlante ;
Je suis écorce et branches
Une ramure tremblante.
Dans un square, une allée
Et une statue de marbre ;
Dans la brise de juillet
Le murmure d’un arbre.
« Je t’aime depuis longtemps…
Je t’aime depuis cent ans… »
le 16 mai 2005